15/06/2012

Passage Chambon à Laeken

20506 Passage Chambon du côté de la rue Hubert Stiernet

Vue du Passage Chambon du côté de la rue Hubert Stiernet à Laeken.
Ce tunnel passe sous la ligne ferroviaire reliant Bruxelles à Gand
et relie la rue Hubert Stiernet à l’avenue de la Reine.

Ce tunnel a été construit par l’architecte Alban Chambon et terminé en 1913. Classement en 2007. Voir plus bas une description et un historique dans l’arrêté de classement.


D’autres vues en noir et blanc

20506 Passage Chambon du côté de la rue Hubert Stiernet

20507 Passage Chambon

 

Vues du Passage Chambon du côté de l’avenue de la Reine au pied de la fresque Martine

20494 Passage Chambon du côté de l'avenue de la Reine

On accède au tunnel ferroviaire par un virage en épingle à cheveux

20494 Passage Chambon, le réverbère, un vase

Un réverbère à six bras.
Des vases avec des motifs représentant
des têtes de lion et des cordes torsadées.

20497 Passage Chambon du côté de l'avenue de la Reine

20497 Passage Chambon du côté de l'avenue de la Reine

20497 Passage Chambon du côté de l'avenue de la Reine

 

Du côté de la rue Hubert Stiernet (mieux en noir et blanc !)

20506 Passage Chambon du côté de l'avenue de la Reine

20506 Passage Chambon du côté de l'avenue de la Reine

20506 Passage Chambon du côté de l'avenue de la Reine

 

Pour la demande de classement le 13 juin 2006, PDF de 2.69 MO, 9 pages sur le site de monument-irisnet.

Le classement en date du 19 avril 2007, PDF de 4.15 MO, 12 pages, bilingue sur le site de monument-irisnet. Voici des extraits.

 

Vu l'arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 1 juin 2006 entamant la procédure de classement comme monument du Passage Chambon sis avenue de la Reine et rue Hubert Stiernet à Bruxelles (Laeken) [...]

Article 1er. Est classé comme monument la totalité du Passage Chambon sis avenue de la Reine et rue Hubert Stiernet, à Bruxelles (Laeken) y compris ses accès, les balustrades, la lanterne et le mur de soutènement, en raison de son intérêt historique, artistique et esthétique [...]

 

ANNEXE I A L'ARRETE DU GOUVERNEMENT DE LA REGION DE BRUXELLES-CAPITALE CLASSANT COMME MONUMENT LE PASSAGE CHAMBON SIS AVENUE•DE LA REINE ET RUE HUBERT STIERNET A BRUXELLES (LAEKEN) [...]
Description sommaire :

Le passage Chambon fut construit selon les plans d'Alban Chambon datant de 1908. Les travaux furent adjugés en 1911 et terminés en 1913. Ce tunnel, qui reçut le nom de l'architecte par la suite, est un passage piétonnier qui passe sous la voie ferrée, entre l'avenue de la Reine et la rue Hubert Stiernet à Bruxelles-Laeken.

Le passage proprement dit ne représente qu'une partie d'un ensemble urbanistique plus important. La remarquable entrée du tunnel et les clôtures sur le talus du chemin de fer ont été conçues ensemble par l'architecte.

Un garde-corps en pierre bleue et orné de balustres encerclait l'entrée du tunnel, située avenue de la Reine. Aujourd'hui, du côté de la rue et contre la façade latérale droite de la maison attenante, seule la base de ce garde-corps est conservée. Cependant, il est relativement bien conservé à partir de la façade latérale de l'habitation, vers le talus du chemin de fer et le long de celui-ci. On accède au tunnel ferroviaire par un virage en épingle à cheveux, en pente et pavé. Au centre de ce virage, marqué par la présence d'un réverbère, se trouvent des marches en pierre bleue avec une rampe en métal. Ce réverbère monumental posé sur un socle en pierre bleue est construit en granit, possède un éclairage en bronze, à six bras, et était couronné par 7 lanternes en verre, aujourd'hui disparues. Le revêtement mural est constitué de carreaux blancs et bruns du côté de la voie ferrée et de briques émaillées du côté du mur intérieur de l'avenue de la Reine.

Le passage est surmonté, au niveau de la voie ferrée, tant vers l'avenue de la Reine que vers la rue Stiernet, par un garde-corps décoré en fer forgé, entre deux piliers en pierre bleue, ornés d'une couronne. Ces piliers sont couronnés par des vases en pierre bleue avec des motifs représentant des têtes de lion et des cordes torsadées. La voie ferrée fut surélevée en 1991-1992. De ce fait, les garde-corps, qui sont encore d'origine, ont été replacés plus haut et un peu plus vers l'extérieur. Ces garde-corps reposent sur les poutrelles extérieures du pont de la voie ferrée, modifiées à la même époque. Actuellement, ils sont composés de deux parties. La partie supérieure, en saillie, a été ajoutée lors des modifications. En dessous se trouve une deuxième poutre, décorée de rosettes. II s'agit de la poutre extérieure d'origine, mais qui a été simplifiée. A l'origine, la décoration consistait en un ensemble de rosettes, toujours en place actuellement, qui alternaient avec des tiges couronnées de palmettes qui fusionnaient avec les montants du garde-corps sur le talus du chemin de fer.

Le tunnel est soutenu par sept piliers de granit avec des chapiteaux doriques. Le plafond consiste en un grand réseau de poutrelles métalliques entrecroisées. Elles délimitent des caissons émaillés en blanc avec une décoration alternant deux types de motifs floraux. Les murs du passage sont recouverts de carreaux blancs, leur base est en pierre bleue. Des bras d'éclairage ont été placés en haut de ces murs.

L'entrée du côté de la rue Hubert Stiernet est semblable à celle de l'avenue de la Reine. Du côté gauche, ce tunnel jouxte le mur de séparation du jardin d'une habitation. A droite se trouve un mur de soutènement, parallèle à l'ancienne rue Saint-Georges (actuellement rue Hubert Stiernet). Ce mur est recouvert de carreaux émaillés en blanc et bleu sur une base en pierre bleue et est couronné par un garde-corps avec des balustres qui sépare le passage de la voie ferrée. Ce mur ainsi que son couronnement ont été restaurés par la SNCB en 2004-2005. Le garde-corps fut reconstruit à l'identique et les carreaux remplacés par d'autres, très semblables.

 

Intérêt présenté par le bien selon les critères définis à l’article 206, 1° du Code bruxellois de l'Aménagement du Territoire

Intérêt historique, artistique et esthétique

Le passage Chambon fut construit dans le but de créer un passage piétonnier entre l’avenue de la Reine et la rue Hubert Stiernet, sous la voie ferrée.

L'avenue de la Reine fut inaugurée en 1858 et forme un axe rectiligne reliant l'église Notre-Dame, construite en 1853, et le pont de Laeken au-dessus du Canal pour ensuite rejoindre la place Liedts, à Schaerbeek. La construction de la liaison ferroviaire Bruxelles-Waas a été commencée en 1856. Les trains relient Bruxelles à Gand. Cette ligne traverse Laeken et coupe l’avenue de la Reine en l'interrompant. Initialement, il existait un passage au-dessus de la voie terrée, face à l'église Notre-Dame, mais le conseil communal de Laeken insista en faveur de la construction d'un tunnel dès 1901.

Le tunnel qui existe encore aujourd'hui est l'oeuvre d'Alban Chambon (Varzy - France 1847- Ixelles 1928). II étudia la sculpture à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris et poursuivit son apprentissage dans divers ateliers de décoration de cette même ville. II s'établit à Bruxelles en 1868. II y exerça d'abord le métier de décorateur en collaboration avec différents architectes tels qu'Albert Dumont. Dans les années 1880, il reçut plusieurs demandes pour la décoration de théâtres. En 1892, il décora l'Hôtel Métropole, situé place De Brouckère à Bruxelles (classé depuis le 28/02/2002). C'est à partir de 1896 que le roi Léopold II lui confia ses premières missions. II devint alors architecte et deux ans plus tard il reçut une commande importante: procéder à des embellissements de la ville d'Ostende (Le Kursaal, le Théâtre Royal et les ponts avenue de Smet de Naeyer). II décora diverses maisons de maître et conçut des plans d'aménagement, entre autres pour le Mont des Arts et pour la ville de Belgrade. A la fin de sa carrière, il réalisa, avec son fils Alfred, l’extension de la CGER située rue Fossé aux Loups, à Bruxelles.

C'est après la construction des ponts de l’avenue de Smet de Nayer à Ostende, entre 1903 et 1907, qu'il va concevoir le projet du tunnel de l’avenue de la Reine. La décoration de style éclectique et la perspective générale sont semblables dans les deux cas, et ce malgré l’importante différence d'échelle. Le souci de monumentalité et d'embellissement se retrouve dans les deux réalisations.

A partir de 1907, il entretient une correspondance (conservée aux Archives d'Architecture Moderne (AAM)) avec la Société de chemin de fer à propos du projet définitif, qui fut finalement réalisé en 1908. La Société de chemin de fer n'adjugea les travaux de construction du tunnel que le 30 août 1911 et la correspondance entre cette société et Chambon cessa en 1913, à la fin des travaux. II ressort du projet d'origine et des photographies que la construction initiale était plus étendue que les seules parties conservées aujourd'hui (l'entrée du tunnel, le tunnel lui-même et le mur de soutien).

Du côté gauche, la rampe continuait plus avant le long de l’avenue de la Reine. Cette rampe en fer forgé était interrompue par deux réverbères à deux bras d'éclairage, semblables au modèle du réverbère monumental encore en place actuellement. Le garde-corps fut retiré en 1935, lors de la construction du tunnel routier vers le plateau du Heizel. Un poste d'aiguillage situé rue Tacquet, aujourd'hui démoli, faisait également partie du projet initial.

Le cahier des charges donne un compte-rendu détaillé des matériaux utilisés pour la construction du tunnel. Pour les ornements, il fait référence aux modèles réalisés par Alban Chambon et dont les photos en atelier ont été conservées (AAM).

Le projet complet et la réalisation montrent que tant l’architecte que la Société de chemin de fer accordaient beaucoup d'importance à l’effet produit par la construction comme en témoignent la qualité supérieure des matériaux utilisés et son aspect hautement décoratif. C'est un parfait exemple d'embellissement de la ville à la 'Belle Epoque'. Les ambitions de Léopold II en matière d'urbanisme à Laeken sont également bien rendues par cette réalisation. Le passage Chambon est un témoin remarquable d'une architecture utilitaire particulièrement recherchés, et est unique en Région de Bruxelles-Capitale.

Sources:
- Archives de la SNCB: plans originaux d'Alban Chambon, plan des travaux de modification et cahier des charges spécial n°183 bis de l’adjudication publique du 30 août 1911.
- Archives d'Architecture Moderne: diverses photographies historiques du projet après la réalisation ainsi que des photos de modèles d'ornements et plusieurs tirages de négatifs appartenant aux Sint-Lukasarchief.
- Archives Urbanisme, Région de Bruxelles-Capitale.
Bibliographie:
Celis, M; De voetgangersdoorgang in Omtrent het Onze-Lieve-Vrouwvoorplein in Laken, Bruxelles, 1994.
Midant, J.-P., Alban Chambon; artiste industriel sculpteur architecte. 1849-1928, Lyon,
Musée des Archives d'Architecture Moderne. Collections, Bruxelles, 1986.
Van Lao, A. (dir.), Dictionnaire de l’architecture en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, 2003.

 

Ouvrages d’art du début du XXème siècle classés, PDF de 2.96 Mo sur le site de monument-irisnet.

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