15/10/2011

Rue des Teinturiers Origine du nom et historique

Tout près coulait la Senne et le pont des Teinturiers permettait de passer sur l’autre versant de la rivière. Au Moyen Âge la corporation des teinturiers a profité de la présence de ce cours d’eau. C’était avant le voûtement de la Senne.

Ci-dessous plus d’explications d’après Jean d’Osta dans son Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, édition Paul Legrain 1986.


Après une visite du parlement bruxellois rue du Lombard ou après avoir photographié Manneken Pis à la rue de l’Etuve, dirigez-vous vers la rue des Teinturiers qui se trouve dans le prolongement de la rue du Lombard. Parcourez cette rue jusqu’au boulevard Anspach. Fermez les yeux.

Imaginez la Senne qui s’écoulait ici à l’emplacement du boulevard. Son lit occupait à peine le tiers de la largeur du boulevard actuel. Un pont, le pont des Teinturiers, permettait de passer sur l’autre rive.

Si on ne souhaitait pas traverser, il y avait une ruelle très étroite qui longeait la Senne vers la gauche pour atteindre l’arrière de l’église Notre-Dame du Bon Secours. Cette ruelle s’appelait Ververshoek (Coin des Teinturiers).

Au moyen-âge, l’endroit était occupé par la corporation des teinturiers. Ceux-ci avaient besoin de la rivière.

Au 14ème siècle, leur industrie était florissante grâce à une recette secrète pour teindre en écarlate (rouge vif).
En 1396, pour la rançon de Jean de Bourgogne (Jean Ier de Bourgogne dit Jean sans Peur), parmi les présents envoyés au sultan, se trouvaient quatre pièces d’écarlate de Bruxelles.

La rue est ancienne.
Pour 1307, les archives de l’église Sainte Gudule (actuellement cathédrale) mentionnent un Vincus Tinctorum (du latin)
et en 1449 une Verwersstraete (du flamand bruxellois).
En 1401 on cite le Pons Tinctorum.

Lorsqu’on reconstruit la rue du Lombard et le Plattesteen en 1910, on s’occupe en même temps de la rue des Teinturiers qui était fort étroite.

 

Cela s’est passé en 1865 :
Maintenant nous payons notre consommation d’eau. Ce n’était pas le cas à une certaine époque. Jean d’Osta raconte l’histoire de propriétaires de la rue des Teinturiers qui étaient abonnés à la distribution d’eau (on disait "par buse"). Ces propriétaires avaient compris que, pour éviter le gel de l’eau par très grands froids, il faut laisser les robinets ouverts. La Compagnie de distribution d’eau a découvert leur astuce et chacun à dû payer une amende de cent francs, une somme énorme pour l’époque. C’était avant les travaux de voûtement de la Senne (1867-1871).

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